Relations amoureuses et communication non violente

Outil efficace pour dénouer les conflits, la communication non violente permet, au sein d’une relation amoureuse, d’aplanir les différents et de renforcer les fondements de la relation.

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Sommaire

- Se relier avec empathie
- L’amour : pas un sentiment
- Observation et non évaluation
- Sentiments : des voyants d’alerte
- Besoins : les manifestations de la vie
- Demande : différente de l’exigence
- “Feministose” et “Masculinistose”
- Le mythe responsable de la violence masculine
- Au lieu de dire “je t’aime”…

La Communication Non Violente (CNV) consiste à apprendre une langue qui permet de dire à l’autre comment nous nous sentons à chaque instant, quels sont nos sentiments et nos besoins…
“La Communication Non Violente s’est précisément développée pour répondre à cette question. Qu'est-ce que l'amour ? Comment pouvons-nous vivre l'amour ?”*, explique Marshall B. Rosenberg, psychologue états-unien et créateur de ce processus de communication (voir encadré).

Se relier avec empathie
Selon lui, nous nous montrons mutuellement de l’amour “lorsque nous nous relions les uns aux autres avec empathie, que nous montrons ce qui nous émeut et que nous nous assurons que le lien établi avec l’autre n’est fondé que sur le seul besoin de donner et de recevoir de la compassion”*.

L’amour : pas un sentiment
L’amour ne serait donc pas un sentiment mais deux choses distinctes : soit un besoin de proximité et d’intimité, soit une attitude spirituelle dirigée vers l’ensemble de la nature et des êtres vivants sur la terre.
Marshall B. Rosenberg conseille donc, au sein d’une relation amoureuse, d’avoir des échanges réguliers et honnêtes sur les besoins de chacun. On résume les quatre étapes du processus de la CNV sous l’acronyme OSBD pour : observation, sentiments, besoins, demande.

Observation et non évaluation
Nous avons toujours tendance à formuler des interprétations et des évaluations sur le comportement de l’autre : “tu es incapable de gérer notre argent” ou “tu veux toujours me contrôler”…
La première démarche en CNV consiste à émettre une observation sans jugement.
“À mon avis, nous devrions éliminer de notre répertoire les mots suivants : juste, faux, bon, mauvais, normal, anormal, compétent, incompétent. Ces mots font partie d'un langage statique.”*

Sentiments : des voyants d’alerte
Les sentiments sont les reflets des besoins. Ils fonctionnent comme des voyants d’alerte qui viennent nous avertir s’il faut réparer quelque chose ou combler un manque.
“À sentiment douloureux, besoin insatisfait”, précise Marshall B. Rosenberg. “Disposant de cette information, je peux réfléchir à la manière de résoudre le problème.”*

Besoins : les manifestations de la vie
Le mot besoin est connoté négativement, souvent associé à l'idée de manque, d’avidité, de dépendance ou d’égoïsme.
“Pour moi, les besoins sont les manifestations de la vie.”*

Besoin de soins corporels, de bien-être, de protection, de sécurité, de compréhension, d'empathie, de créativité, d’intimité, de jeu, de détente, de repos, d'autonomie, de sens, de spiritualité… Marshall B. Rosenberg a recensé entre 20 et 30 besoins qu’il convient d’exprimer pour décrire ce qui se passe à l’intérieur de nous.

Contrairement à ce qu’on croit couramment, la sexualité n’est pas un besoin. Pour preuve, certaines personnes peuvent remplir leurs besoins d’amour et d’intimité sans passer par des relations sexuelles. Par ailleurs d’autres pratiquent des formes de sexualité très éloignées de l’amour et de l’intimité.

Demande : différente de l’exigence
La demande est différente de l’exigence car elle est empreinte de compréhension. Si l’autre ne peut pas, pour une raison ou pour une autre, répondre à la demande, on continuera à lui témoigner du respect.

“La plupart des gens n'ont plus l'habitude de décider librement s'ils veulent accéder à une demande ou non”, regrette Marshall B. Rosenberg. “Ils n'ont jamais connu que des exigences et les conséquences qui s'ensuivent. C'est pourquoi la plupart des personnes ont des difficultés à faire confiance à ceux qui leur demandent quelque chose ; ils entendent presque toujours une exigence derrière une demande.”*

“Feministose” et “Masculinistose”
Marshall B. Rosenberg invente le terme “féministose” pour décrire une stratégie destructrice très répandue chez les femmes : mettre sous le boisseau tous ses besoins et se sacrifier pour les autres.
En parallèle, la “masculinistose” : s’oublier soi-même et sauver la veuve et l’orphelin.

Le mythe responsable de la violence masculine
Dans la masculinistose se loge l’une des principales sources de la violence masculine envers les femmes, selon Marshall B. Rosenberg : le mythe selon lequel l’homme devrait être responsable de la jouissance sexuelle de la femme.
“Si ce commandement est bien imprimé en lui, et que sa femme ne veut pas avoir de relations sexuelles avec lui, le voilà perdu ; il est privé de sa masculinité ; c'est une très grave menace pour lui.”*

Au lieu de dire “je t’aime”…
La formule “je t’aime” se fait souvent en mode automatique. Elle permet d’éviter de se mettre en lien avec soi-même. Marshall B. Rosenberg préconise une version plus approfondie. Comme par exemple : “en te voyant là, je ressens un immense bonheur de vivre avec un être aussi merveilleux que toi ; cela remplit si bien mon intense besoin de connexion.”

Vivre de manière non-violente, comme l'enseigne la CNV, n’est pas une évidence. Il faut beaucoup d’énergie, de conscience et, chaque matin, encore et encore, se mettre à l’écoute de ses besoins.

 

*Dénouer les conflits par la communication non violente, Marshall B. Rosenberg, éditions Jouvence

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Le fondateur de la CNV

Marshall B. Rosenberg (1934-2015) était le fondateur et le directeur des services éducatifs du Centre pour la CNV (Communication Non Violente), une organisation internationale à but non lucratif qui a agi comme faiseur de paix dans le monde entier.
En 2004, il visitait environ 35 pays par an dans le cadre de sa mission de pacificateur itinérant, inspiré notamment par Gandhi.

Il est l’auteur de très nombreux livres dont Les mots sont des fenêtres, Nous arriverons à nous entendre !, Les bases spirituelles de la Communication Non Violente, Enseigner avec bienveillance (éditions Jouvence).

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