Raréfaction de l’eau : "Nous n’avons toujours pas compris l’ampleur du défi"

Succédant à un été torride, l’hiver 2023 n’a pas permis la recharge des nappes phréatiques, résultat la France est à sec…

C’est le verdict de Charlène Descollonges, ingénieure hydrologue et auteure de L'eau : Fake or not ?, éditions Tana. La situation est différente dans la région nord, plutôt humide, et la région sud, plutôt aride.
En France, près des trois-quarts de l’eau douce pompée dans les nappes servent à alimenter notre économie : production d’énergie, de biens industriels et d'alimentation. Le secteur énergétique est le premier consommateur d’eau douce.

"Plus on aura besoin d’électricité, plus on aura besoin d’eau, et moins il y en aura pour le reste. Notamment l’agriculture."

Nous allons devoir nous poser une question relativement nouvelle dans notre pays : est-ce que l’on aura suffisamment d’eau pour répondre à tous nos besoins ? 
"Nous n’avons toujours pas compris l’ampleur du défi qui nous attend." 

Selon Charlène Descollonges, il faut impérativement et en priorité repenser nos usages. Les propositions actuellement sur la table de type mégabassines, retenues d’eau pour la neige artificielle ou usines de dessalement ne sont que des solutions de mal adaptation.

"On met des millions d’euros pour réparer les fuites, pour installer des systèmes de goutte-à-goutte pour l’agriculture, et c’est très bien, mais c’est loin d’être suffisant. Car dès qu’il s’agit de restaurer les zones humides et les forêts, qui aident à restaurer ce cycle de l’eau que l’on a fortement dégradé, c’est flou. Or c’est le cœur du sujet."  

 

Source : Novethic, Blandine Garot - 01/09/23

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